Régime Thonon : avantages, risques et notre verdict
Quatorze jours, des menus imposés au repas près, et une promesse qui circule depuis des années : jusqu'à dix kilos en moins. Le régime Thonon fait partie de ces programmes express que l'on se transmet avant l'été ou après les fêtes.
Par Sophie Bernard·Mis à jour le 04 octobre 2026·1 source citée
Quatorze jours, des menus imposés au repas près, et une promesse qui circule depuis des années : jusqu’à dix kilos en moins. Le régime Thonon fait partie de ces programmes express que l’on se transmet avant l’été ou après les fêtes. Nous l’avons passé au crible : ce qu’il impose vraiment, pourquoi la balance descend vite, et ce que disent les autorités de santé des régimes aussi restrictifs.
Ce que le régime Thonon impose, jour après jour
Le principe tient en une phrase : manger très peu de calories, beaucoup de protéines, presque pas de glucides ni de graisses, pendant deux semaines. Les menus circulent sous forme d’un tableau de quatorze jours qu’il faut suivre à la lettre, sans rien remplacer. On y retrouve toujours les mêmes aliments : œufs durs, steak haché ou grillé, jambon blanc, poisson, légumes verts cuits à l’eau, salade, pamplemousse, yaourt nature, café ou thé sans sucre.
Le sucre, l’alcool, le pain et les féculents disparaissent. Les matières grasses ajoutées sont réduites au strict minimum. Il est conseillé de boire beaucoup d’eau. Son nom renvoie à Thonon-les-Bains, mais aucune publication médicale n’en revendique la paternité : il s’est diffusé de magazine en forum, sans étude pour le valider.
Les trois temps du régime ThononLe chocPetit-déjeuner réduit à un café, déjeuners et dîners à base d’œufs, de viande maigre et de légumes verts.La répétitionLes mêmes familles d’aliments reviennent en alternance, toujours sans féculents ni sucre.La stabilisationRéintroduction progressive des aliments, souvent présentée comme une semaine par kilo perdu.
Pourquoi la balance descend si vite
Les premiers kilos partent vite, et c’est ce qui fait la réputation du régime. L’explication est surtout mécanique. En coupant presque tous les glucides, l’organisme puise d’abord dans ses réserves de glycogène, stockées dans le foie et les muscles avec beaucoup d’eau. Cette eau s’élimine en quelques jours : c’est elle qui fait chuter la balance au début, bien plus que la graisse.
Ensuite, l’apport calorique reste très inférieur aux besoins d’un adulte, qui tournent autour de 2 000 kcal par jour pour une femme et 2 500 pour un homme selon les repères habituels. Le corps comble le manque avec ses réserves de graisse, mais aussi avec ses muscles quand l’effort dure. Les protéines des menus limitent en partie cette fonte musculaire, sans l’empêcher.
Ce que disent les autorités de santé des régimes restrictifs
En 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a publié une évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Son constat sur les régimes très restrictifs est sévère : déséquilibres en vitamines et minéraux, perte de masse musculaire, fatigue, et surtout reprise de poids quasi systématique. L’agence rapporte une reprise dans 80 % des cas un an après le régime, avec un risque de dépasser le poids de départ.
La Haute Autorité de santé, de son côté, recommande aux adultes en surpoids un objectif modeste : perdre 5 à 15 % de leur poids initial, sur plusieurs mois, en associant alimentation équilibrée et activité physique. On est loin de dix kilos en deux semaines.
Le régime Thonon face aux repères officielsDurée du régime14joursReprise de poids après un régime restrictif80% des cas à un anObjectif de perte recommandé5 à 15% du poids initialSource : Anses, 2010 ; Haute Autorité de santé
Les risques concrets à connaître avant de se lancer
À court terme, les effets les plus fréquents sont la fatigue, les maux de tête, l’irritabilité, la constipation liée au manque de fibres et une sensation de faim tenace. La répétition des mêmes aliments rend aussi le programme difficile à tenir socialement : un dîner entre amis devient un écart.
Le régime est déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent, aux adolescents, aux personnes âgées, aux sportifs en période d’entraînement et à toute personne souffrant d’une maladie chronique (diabète, problèmes rénaux, troubles cardiovasculaires) ou ayant un passé de troubles du comportement alimentaire. Dans ces situations, un avis médical s’impose avant tout changement d’alimentation important.
Pour qui veut connaître le détail des menus jour par jour et les conseils de stabilisation, ce guide complet sur le régime thonon reprend le programme dans son ensemble.
Notre verdict : une méthode de choc, pas une solution durable
Le régime Thonon fait perdre du poids, c’est certain : n’importe quel programme à ce niveau de restriction y parvient. Mais il fait surtout perdre de l’eau et un peu de muscle, il ne change aucune habitude, et la stabilisation qui suit est souvent abandonnée. Si l’objectif est de mincir pour de bon, mieux vaut un déficit calorique modéré, des repas variés et une activité physique régulière, éventuellement accompagnés par un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Combien de kilos perd-on vraiment avec le régime Thonon ?
La promesse de dix kilos en quatorze jours n’est appuyée par aucune étude. La perte varie selon le poids de départ ; une bonne partie correspond à de l’eau et se reprend dès le retour à une alimentation normale.
Peut-on faire le régime Thonon plusieurs fois par an ?
C’est déconseillé. Enchaîner les régimes très restrictifs favorise l’effet yo-yo décrit par l’Anses et peut épuiser les réserves en vitamines et minéraux.
Le régime Thonon est-il un régime cétogène ?
Non. Il est pauvre en glucides, comme le cétogène, mais aussi pauvre en graisses, alors que le régime cétogène repose au contraire sur un apport élevé en lipides.
Faut-il consulter avant de commencer ?
Oui si vous avez une maladie chronique, prenez un traitement, êtes enceinte ou avez déjà souffert de troubles alimentaires. Dans tous les cas, un médecin ou un diététicien peut vous aider à fixer un objectif réaliste.